
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme
disait Rabelais
Science sans humour, nous rebutera toujours
dit le Muséum
Le Muséum s’affiche cet été à Toulouse, sur les réseaux de panneaux d’affichage urbain.
jeudi, juillet 12 2012
Par Webmaster Muséum le jeudi, juillet 12 2012, 15:15

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme
disait Rabelais
Science sans humour, nous rebutera toujours
dit le Muséum
Le Muséum s’affiche cet été à Toulouse, sur les réseaux de panneaux d’affichage urbain.
mardi, décembre 20 2011
Par Webmaster Muséum le mardi, décembre 20 2011, 15:00
Que s'est-il passé sur l'île bretonne de Téviec, il y a 7 400 ans ? Flèches et coups sur le crâne : des hommes et des femmes sont morts violemment... Pourquoi ?
Mercredi 14 décembre, l'Espace des Sciences de Rennes invitait le muséum pour une rencontre-discussion autour des "Squelettes de Téviec" et de leurs mystères...
Photo : Rama / CC-by-sa / Wikimedia Commons
C'est au cours de l'élaboration d'une exposition temporaire du Muséum, Préhistoire(s), l'Enquête, que plusieurs investigations ont été menées, parfois avec de nouvelles méthodes, comme la recherche ADN et le scanner. Ce couple de squelettes, s'est avéré être celui de deux femmes. Leur mort, diagnostiquée comme le résultat d'une exécution volontaire, au même moment...
Mais au fait, pourquoi ces deux squelettes se retrouvent-ils dans les réserves du Muséum de Toulouse ?
Dans cette vidéo (enregistrement du direct en duplex) Gaëlle Cap-Jedikian, responsable de l'exposition au Muséum, revient sur l'aventure de cette exposition peu ordinaire, suscitant de nouvelles études et découvertes, et répond aux questions en compagnie de Grégor Marchand, chercheur CNRS à Archéosciences et de Françoise Berretrot, responsable des collections archéologiques au musée de Bretagne.
Un article sur Sciences ouest, la revue de l'Espace des Sciences fait le point
Les deux squelettes, protagonistes principaux de l'exposition, sont montés à Paris, au Palais de la Découverte. et vous invitent à poursuivre l'enquête.
Ils revivent aussi sur Facebook. Devenez amis avec eux !
Photo : Didier Descouens - CC-by-sa / Wikimedia Commons
Voir d'autres images sur Wikimedia Commons
lundi, juin 27 2011
Par Webmaster Muséum le lundi, juin 27 2011, 15:49
Voici un petit tour rapide en photos des Jardins du Muséum (Quartier Borderouge, à la Maourine) rénovés pour cette nouvelle saison. Ils sont plus accessibles et offrent plus de confort aux visiteurs. Vous pouvez maintenant profiter de l'été dans un espace nature qui promet détente et surprises...
Quels sont les aménagements ?
Plus d'infos sur les Jardins du Muséum sur le site web du Muséum
vendredi, avril 22 2011
Par Maud, médiatrice scientifique le vendredi, avril 22 2011, 16:29
Xavier, tu es jardinier botaniste au Muséum, tu as rejoins l’équipe Sangha pour effectuer des relevés botaniques. Sur quelle mission as-tu orienté tes recherches ?
Je me suis concentré sur les cryptogames représentés par les fougères, les bryophytes et les lichens. Le champ de travail est très large, j’ai donc plus spécifiquement inventorié les cryptogames épiphytes, mais je n’ai pas négligé pour autant l’étude et les prélèvements d’ individus terricoles.
Photos de Xavier Bossier et tronc d'un sipo Entandrophragma utile. CC by-Sa Xavier Bossier & Philippe Annoyer
Tu faisais partie de l’équipe qui est resté sur le lac 1. Comment as tu procédé pour effectuer ton inventaire ?
En tout premier lieu, nous avons recherché un arbre porteur d’épiphytes(1) ou arbre phorophyte (2). Cela n’a pas été sans mal. Le milieu est relativement pauvre en épiphytes là où nous étions. C’est finalement sur un sipo (Entandrophragma utile) que j’ai concentré mes efforts. J’ai pu me mettre au travail en commençant par la base du tronc et ses contreforts puis en remontant petit à petit avec des techniques de technicien cordiste et d’élagage, le long du fût pour accéder progressivement à la base des imposantes charpentières et ainsi jusqu’au faîte tutoyant les 50 mètre de haut . Ce travail d’étude des communautés cryptogames épiphytes demande beaucoup de concentration, d’efforts physiques et de matériels combinant grimpe, botanique et entomologie.

Photos de bas en haut : contreforts d'arbre, fougères épiphytes sur un tronc de Sipo. CC by-Sa Xavier Bossier.
La détermination sur place au rang d’espèce a été rare (sauf pour les fougères), par manque de temps et de bibliographie existante.
L’étude des mousses s’est réalisée souvent en situation très ombragée et humide. Avec des individus de taille inférieure au centimètre il faut loupe, pince à épiler, canifs, lampe frontale. Les échantillons mis en sachet papier avec notation de toutes les informations afférentes au milieu sont ensuite brièvement posés sur un séchoir (une table faite de rondins de bois sous laquelle ait maintenu un feu, c’est la technique du boucanage !).
L’étude des lichens corticoles a nécessité des techniques acrobatiques pour effectuer les prélèvements sur l’arbre. En effet il faut ciseaux à bois, canifs, loupes tout en étant en tension dans le vide et en manipuler le matériel de grimpe. Il ne faut pas se louper, car bien plus que le fait de perdre l’ échantillon, on peut se blesser sérieusement avec les outils tranchants utilisés. Ces échantillons de lichens n’ont pas nécessités un séchage particulier.
Photo : lichen sur liane. CC by-Sa Xavier Bossier
Les prélèvements de fougères épiphytes ont nécessités les mêmes techniques que pour les lichens, à la différence près que certains échantillons peuvent mesurer plus de deux mètre ! Du coup une mise en grand herbier s’impose avec préparation et séchage en continu sur le séchoir.


Photos : fougères épiphytes ( Néphrolepis et Platycerium sur la première photo et Platycerium angolense sur la seconde photo) sur un tronc de Sipo - Transport de l'herbier dans le dédale d'une zone marécageuse. CC by-Sa
Nous avons vu avec Bertrand que les flores des plantes à fleurs étaient rares? Qu’en est il pour les cryptogames ?
Pour les mousses, il existe des flores de pays voisins ou plus lointain du Kenya au Rwanda. Pour les fougères, je me suis appuyé sur la très complète flore du Cameroun, bien qu’il existe des florules spécifiques à la Centrafrique. C’est pour les lichens, que la détermination sera la plus longue, la flore est inexistante, seuls quelques noms éparpillés se retrouvent dans des articles ou revues.
Combien as-tu ramené d’échantillons ? Après détermination, que penses-tu en faire ?
J’ai ramené une centaine d’ échantillons de lichens, 150 de mousses et 130 de fougères. Les données et les échantillons mis en herbier seront donnés à l’université de Bangui après étude et identification. Les échantillons en double reviendront au Muséum de Toulouse.
La détermination des lichens va être particulièrement longues. Il faut faire de multiples expériences chimiques qui nécessitent un matériel adéquat et important.
photo : fleuve Sangha. CC by-Sa Xavier Bossier.
Quelle image gardes-tu de ce travail ?
J’ai été saisi par les formes et les couleurs extravagantes des arachnides rencontrées lors de la prospection dans les arbres. La flore épiphyte est également un habitat de choix pour la microfaune, j’ai donc prélevé des insectes et des arachnides sous les fissures d’écorces, à l’intérieur des communautés de mousses avec un suceur de micro insectes.
photo : araignée. CC by-Sa Philippe Annoyer.
Un dernier mot que tu aimerais ajouter ?
Dans mon cas, cette expédition était une première. L’aspect scientifique et l'aventure a été au rendez-vous, sans oublier les échanges instructifs avec les Centrafricains et les pygmées Aka. Nous avons descendus une partie du fleuve Sangha en pirogue, traversé la forêt tropicale à pied, eu de l’eau au-delà de la taille dans les marengos... et côtoyé l’esprit de la fôret. C’était un retour à la nature exaltant.
Photo : marche d'approche. CC by-Sa Xavier Bossier.
Vous l'avez compris le retour d'expédition Sangha, biodiversité en Terre Pygmée se termine avec ce dernier billet. Je vous invite à déposer un commentaire si vous avez une question ou une remarque.
(1) Épiphyte : un végétal qui à comme support un autre végétal
(2) Phorophyte : arbre porteur de nombreux épiphytes
vendredi, mars 25 2011
Par Maud, médiatrice scientifique le vendredi, mars 25 2011, 09:06
Bonjour Bertrand. Tu es médiateur au Muséum de Toulouse, tu as vécu 18 ans en Afrique et tu passes tes temps libres à randonner avec une flore entre les mains. Avec quelles missions as-tu voulu rejoindre l’expédition Sangha 2010 organisée par l'Association "Insectes du monde"?
Bien entendu, la principale de mes missions étaient de participer à la sélection des 3 grands lacs. Quant à ma mission propre, il s’agissait d’effectuer une prospection botanique dans le but de préparer l’inventaire botanique de 2012.


Pourrais-tu nous décrire une journée type ?
Les journées étaient très courtes pour tout ce que nous avions à faire. La journée commençait à 8h pour se terminer à 17h. Je faisais parti du petit groupe qui a exploré les 7 lacs. Je prospectais le tour de chacun d’eux en m’intéressant aux berges mais aussi à la forêt de bordure, et j’entrais aussi dedans ! Le fin de la journée était consacré au séchage des spécimens relevés et au pressage. J’étais seul sur l’étude botanique des plantes à fleur et la charge de travail était bien trop lourde. J’ai fini mes journées complètement à plat... avec la frustration de ne pas avoir de temps pour déterminer les espèces sur place.



Ce travail de titan a dû te demander de faire des choix. Quels sont-ils ?
Je me suis focalisé sur les plantes fertiles : plantes épiphytes, plantes aquatiques, plantes des sous-bois... J’ai aussi identifié rapidement les éléments connus, donc facile à déterminer, comme les arbres de bois d'œuvre.



Est-ce qu’il y a une plante qui t’a vraiment touchée ?
Oui, j’ai eu le plaisir de voir de gros fruits et de belles cauliflories (fleurs directement sur le tronc) : pour les tropiques c’est classique. Aussi sur un passage,une fleur parasite, jaune fluo... Je ne l'ai pas trouvé dans la littérature de la flore africaine. Il est possible qu'elle appartienne à la famille Rafflesiaceae, ce qui serait une nouvelle espèce pour l'Afrique centrale.

Existe-t-il une flore existante sur laquelle tu peux t’appuyer ?
Oui, il existe une flore des arbres et arbustes principalement, en République centrafricaine mais elle ne comprend pas cette région de forêt tropicale et de biotope des lacs. En contrepartie, il existe des flores des forêts denses des pays voisins tels que le Congo, le Cameroun, le Gabon. Les plantes d’Afrique centrale ont une répartition large, nous devrions donc affirmer la présence de ces plantes dans cette zone d’Afrique.

Références flores :
Que penses-tu améliorer en 2012 ?
Je prévoirai d’avoir un séchoir spécifique à la botanique. Sur cette expédition, j’ai perdu 80% de l’herbier fait sur place, il a moisi, en parti à cause d’un séchage partagé avec l’entomologie ou trop tardif. Je renforcerai l’équipe sur la botanique (personnes locales formées, thésards de Bangui, autres experts...)... Je prévoirai de monter aussi en hauteur pour identifier des lianes dont les fruits et les feuilles ne sont pas atteignables sans équipement.
L’expédition 2010 me permet de faire des cartes d’identité de certaines espèces, je serai donc à même d’aller plus loin dans l’inventaire en 2012. Je pense me consacrer à une parcelle de bordure de lac et à la quadriller de long en large. J’ai eu le contact d’une thésarde qui a travaillé sur le même type de milieu de clairière marécageuse au Gabon. Elle a dressé une typologie de la végétation... Je vais lire sa thèse. Je suis aussi en contact avec des spécialistes pour la détermination des plantes (Jardin Botanique de Bruxelles) et des chercheurs en écologie (CIRAD, Université de Bangui).

Prochain rendez-vous autour de l'expédition Sangha 2010 avec l'interview de Xavier Bossier.
vendredi, mars 4 2011
Par Maud, médiatrice scientifique le vendredi, mars 4 2011, 14:37
L'association "Insectes du monde" a organisé sa deuxième expédition "Biodiversité en terre pygmée" en 2010. L'objectif : préparer l'expédition 2012 en repérant les salines marécageuses les plus intéressantes pour un grand inventaire (lire les billets précédants 1 et 2). Le Muséum de Toulouse est contributeur moralement et matériellement.
Philippe Annoyer est parti avec pour objectif personnel de continuer l'inventaire entomologique commencé en 1985 dans une région non encore étudiée depuis.
et pour objectif global de mener à bien une expédition pluridisciplinaire, avec le respect du pays et de ses habitants.
Vous avez eu des contacts à différentes reprises avec WWF, quels étaient les circonstances ?
En arrivant au lac 1, nous avons trouvé les traces chaudes d’un camp de braconnier. Notre arrivée sur le site les a mis en fuite. Nous avons alerté WWF immédiatement. Ils sont venus sur les lieux, ils ne s’attendaient pas à ce que les braconniers viennent aussi loin (25km à pied de Molongo). Cette région des lacs est devenue immédiatement une zone que WWF va sécuriser et protéger. D’ailleurs après notre départ, il était question que les gardes réutilisent la zone de notre camp pour établir un lieu d’étude scientifique et de gardiennage. Ce qui devrait refroidir quelque peu les braconniers.
Votre démarche est basée sur le respect de l’environnement et de l’Homme. Qu’engagerez-vous de nouveau sur la mission 2012?
En 2012, il est clair que je souhaite que nous passions deux jours à Bayanga à sensibiliser les élèves et parents dans les écoles. De plus, un de nos techniciens cordistes proposera de former des gardiens WWF à grimper aux arbres avec un équipement adéquat et à construire des plateformes en hauteur pour une surveillance plus large du parc. Un gardien perché pourra détecter le fumage de la viande à une grande distance. L'empreinte des braconniers est trop forte, les grands mammifères sont en train de disparaître de la zone des lacs. Nous avons souvent entendu les gorilles et les éléphants, mais nous ne les avons jamais vu, ils ont peur.
D’autre part, nous ouvrons encore plus largement l’expédition 2012 à des chercheurs qui souhaiteraient ce joindre à nous : spécialiste des amphibiens ? des chiroptères? des poissons ?
Quelle communication est prévue autour de cette expédition 2010 ?
Une dépêche AFP vient de paraître. Le site internet de l'expédition Sangha 2012 sera régulièrement mis à jour mettant en avant les résultats obtenus.
Rendez-vous sur le prochain billet pour une interview avec Bertrand Cosson (botanique).
mercredi, février 16 2011
Par Maud, médiatrice scientifique le mercredi, février 16 2011, 14:33
Replongeons dans l'atmosphère "Sangha, biodiversité en Terre Pygmée"

et poursuivons maintenant l'interview de Philippe (débutée dans le billet précédent).
Comment avez-vous procédé pour conserver les spécimens?
Certains spécimens ont été mis en alcool, d’autres sont conservés en papillotes. Une troisième méthode consiste à poser les spécimens sur une couche de coton dans une pochette zip avec un peu d’alcool.



Vous avez prélevé plus d’une dizaine de milliers de spécimens, le travail d’une vie ne suffira pas pour les étudier tous. Par où penses-tu commencer ? Est ce qu’il y a un spécimen qui a particulièrement retenu ton attention ?
Mon premier travail sera de les trier par ordre d’insectes. C’est à ce moment là que je déciderai par où commencer. Actuellement, depuis notre retour, la liste des papillons de jour comprend 170 espèces différentes. Mais les travaux sont encore en cours...


Tu dénonces haut et fort le “biopiratage” de certaines expéditions donc quelle a été votre position vis vis du pays et de ses habitants ?
Nous avons pris soin d’être le plus transparent possible. Nous avons communiqué sur nos intentions : pourquoi nous sommes là, qu’est ce que nous recherchons, comment nous voulons partager nos connaissances. Et bien entendu, nous avons pris soin de demander toutes les autorisations nécessaires (auprès du Ministère de l’environnement et de la recherche, de la faculté des sciences de Bangui, du Directeur général WWF, gestionnaire du parc national Lobéké).

Nous avons fait le choix de former des locaux pour un partage de connaissance et aussi une sensibilisation à leur environnement.
Deux personnes ont été formées puis affectées au tri entomologique,
Deux autres, aux piégeages des bousiers et à leur conservation
Deux autres aux papillons de jour (piège, appât; filet à papillon),
Deux autres, devaient récolter des fleurs en forêt et isoler les pollens.
Deux autres, ont inventorié les arbres dominants autour du lac 1 (mesure de la hauteur des contreforts, de la circonférence juste à la base du fût, prise des coordonnées GPS, et reconnaissance de l'essence de l’arbre).


Nous avons monté un camp en respectant au maximun les lieux. Nous avons établi des mini-camps dispersés pour ne pas déboiser une grande zone. Un mini camp cuisine, un autre conservation, un autre toilette....

Suite de l'interview dans le prochain billet.
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