Muséum de Toulouse

Le Blog du Muséum

vendredi, mars 12 2010

La fache cachée du Muséum (en vidéo sur Mativi)

videosAccès à la vidéo sur le site de Mativi-toulouse.fr

Voici un reportage réalisé, le 2 février dernier sur les coulisses du Muséum (réserves BD, ateliers de taxidermie, collections…)

Retrouvez y nos collègues Pierre Dalous (Conservateur du patrimoine - Responsable du service Collections), Sylviane Pochstein (Assistante de conservation - Ethnologie), Brian Aïello (Préparateur - Taxidermiste) et Philippe Annoyer (Gestionnaire de collections - Entomologie).

lundi, décembre 14 2009

Réalisation d'une collection d'étude de champignons - Les coulisses du laboratoire du Muséum

Que se passe-t-il dans le laboratoire des préparations du Muséum? (suite)

Le Muséum débute la réalisation d'une collection d'étude de champignons. Or, conserver des champignons dans leurs états originels est une mission impossible... la seule solution pour un Muséum est de réaliser des reproductions à partir de spécimens vivants. Ces copies conformes pourront ainsi servir de référence pour les recherches, ou seront destinés à être des objets d'exposition ou d'animation.

C'est ainsi que Marie-Françoise (préparatrice en Sciences de la Terre et Science de la Vie) et Boris (assistant de conservation en botanique) sont partis réaliser des moulages et des photographies de champignons sur le terrain, en Ariège.
Seul les champignons les plus fragiles seront concernés par un travail sur le terrain. Pour les autres, ils seront acheminés jusqu’au laboratoire afin de pouvoir appliquer les techniques de moulage dans les meilleurs conditions.

Moulages

Les moulages réalisés seront utilisés pour fabriquer des tirages (copies fidèles) c'est à dire des objets de reproduction manipulables. Elles doivent prendre en compte les contraintes imposées par un travail effectué en extérieur. Marie-Françoise choisit un matériau de prise rapide et en coulé pour qu'il épouse la forme du champignon étudié : soit du silicone pour les champignons à lamelles, soit de l'alginate pour les autres champignons.

Exemple d'une prise d'empreinte par alginate :'

Prises d'empreintes de champignons

Ici une photographie prise au laboratoire par Brian (taxidermiste) pour aider à une reproduction la plus fidèle possible. Fistuline sur bouleau.

Prises d'empreintes de champignons

Pour réaliser une empreinte, Marie-Françoise délimite la zone à couler autour du champignon concerné en posant un rond de bouteille. Puis elle coule de l'alginate. La prise se fait en une quinzaine de minutes. Une fois l'alginate solidifié, l'ensemble moule + champignon est prélevé et le champignon est retiré du moule. Le moulage par alginate ne permet de faire que deux tirages : l'un pour une utilisation directe par l'animation, l'autre pour la réalisation d’un moule plus stable facilitant la duplication du spécimen.


Tirages (ou reproductions)
Exemple des champignons à lamelles.

Marie-Françoise choisit la résine adaptée à l'usage ultérieur du tirage :

Moulages de champignons

Après une prise d'empreinte au silicone, ces champignons à lamelles ont été reproduits en deux exemplaires. Marie-Françoise a choisi de réaliser les deux tirages avec des résines différentes. Une en élastomère (relativement souple, à gauche) pour une utilisation pédagogique, l’autre en époxy (rigide mais cassante - à droite) beaucoup plus stable dans le temps et que l’on va privilégier pour la constitution de collections de référence.

Travaux de finitions : les peintures et patines
Exemple pris sur un autre travail en cours de Marie-Françoise : la finition d'une libellule fossilisée datant d’environ 300 millions d’années.

Moulage d'une libellule fossilisée

Dans le cadre du nouveau laboratoire d'expérimentation qui ouvrira ses portes au public en janvier 2009 (nous en parlerons dans un prochain billet), Marie-Françoise doit réaliser plusieurs exemplaires du tirage d'une "libellule fossilisée". Ces derniers seront manipulés par les médiateurs et par les publics, d'où l'importance des finitions.

Un pigment naturel est appliqué directement sur le moule de cette libellule fossilisée de manière à être inclus dans la résine ou dans le plâtre qui va être coulé.

Finitions de moulages d'une libellule fossilisée

Un travail à l’aérographe avec des peintures acryliques vient parfaire le résultat (contrastes, nuances fines…).

Marie-François participe aussi à des recherches sur de nouvelles techniques, nous reviendrons sur ce sujet dans quelques mois.

A lire ou à relire :

les travaux de moulage d'un type par Marie-Françoise

les travaux de dégagement de fossiles par Yves

la visite en images du laboratoire lors des Journées du patrimoine 2008

Billet réalisé en collaboration avec l'équipe du laboratoire : Brian, Marie-Françoise.

vendredi, novembre 27 2009

Moulage d'un type - Les coulisses du laboratoire du Muséum

Que se passe-t-il dans le laboratoire des préparations du Muséum? (suite)

Dans le billet précédent, nous nous sommes intéressés aux travaux de dégagement de fossiles réalisés par Yves. Aujourd'hui, penchons-nous sur le travail de Marie-Françoise, préparatrice en Science de la Terre et Science de la Vie.

L'objectif de Marie-Françoise est d'assurer la conservation optimale des spécimens qui vont être mis ou non à disposition du public. Le spécimen est-il fragile ? Est-il frais ou sec ? Est-il une référence pour la recherche ? Va-t-il rejoindre les expositions ? Va-t-il être manipulé par le public ? sont ses interrogations quotidiennes. En fonction du spécimen, Marie-Françoise optera pour des techniques de moulage et de préparation adaptées.

Marie-Françoise vient de réaliser le moulage d'un type* Ampelomeryx ginsburgi de façon à l’intégrer dans les surfaces d’exposition. L’original quant à lui regagnera les réserves afin d’y être conservé dans les meilleurs conditions de conservation.

Type d'Ampelomeryx ginsburgi


Photo : Moulage du type - partie supérieur du crâne d'Ampelomeryx ginsburgi - réalisé au Muséum de Toulouse, 2009.

* Est appelé « type », un spécimen qui a servi à la détermination d’une espèce. De nombreuses publications accompagnent cet objet d'une grande valeur scientifique.

Les différentes phases du moulage de l’Ampelomeryx (moulage à deux poches)
Les prises d'empreintes sont réalisées directement sur le support en délimitant une zone comportant un ou plusieurs spécimens à l’aide de plastiline (ou autre).Cette intervention s’effectue par l’ajout successif de matière : silicone, alginate, plâtre…l’objectif étant d’obtenir une reproduction (appelée positif ou tirage) la plus fidèle possible à l’original.

Moulage à deux coques



Prochainement, nous vous présenterons d'autres travaux en cours de Marie-Françoise qui nécessitent des techniques de moulages différentes.

A lire ou à relire :
les travaux de dégagement de fossiles par Yves
la visite en images du laboratoire lors des Journées du patrimoine 2008

Billet réalisé en collaboration avec l'équipe du laboratoire.

vendredi, novembre 20 2009

Dégagement de fossiles - Les coulisses du laboratoire du Muséum

Que se passe-t-il dans le laboratoire des préparations du Muséum?

Le laboratoire est un grand local technique occupé par plusieurs personnes qui ont des métiers différents. Aujourd’hui, penchons-nous sur le travail de Yves, préparateur en sciences de la terre (paléontologie).

Yves réalise les dégagements de fossiles prélevés sur le gisement de Montréal-du-Gers. Une vingtaine de plâtres restent encore à dégager des derniers prélèvements effectués par le Muséum.

En ce moment, Yves dégage un humérus fossile de rhinocéros

humérus fossile de rhinocéros

Photo : humérus fossile de rhinocéros, provenant de Montréal-du-Gers

Dans les premiers temps, les fossiles sont dégagés grossièrement puis plus finement à l'aide d'un micro burin. La dernière étape consiste à enlever les toutes dernières traces de matières par projection de microbilles de verre dans une cabine de sablage.

cabine de sablage

Photo : cabine de sablage, pour un dégagement fin et polissage


Tout au long de ce travail de dégagement, Yves utilise de la cyanoacrylate pour coller et doit consolider régulièrement certaines parties du fossile à l’aide une résine acrylique diluée avec un solvant adapté en fonction du matériau.

Le fossile dégagé, quelles informations doivent lui-être associées?

La datation

Ce n'est pas le spécimen lui-même qui permettra la datation mais les informations données par l’analyse des couches sédimentaires d’où il a été extrait. Le site de Montréal du Gers est daté à environ 18 millions d'années. On y trouve des fossiles de crocodiliens, de tortues, de rhinocéros, de cervidés, de pachydermes.... (témoignant d’un climat tropical).

fouille à Montréal-du-Gers

Photo : fouille à Montréal-du-Gers, gisement exploité par le Muséum de Toulouse

Le numéro d'inventaire

On attribue en dernier lieu un numéro d'inventaire à l'objet dégagé. Celui-ci rejoindra, dans le cadre de l’enrichissement des collections, les réserves du muséum. Les spécimens inventoriés ressortiront des réserves pour les études de recherche, pour la vulgarisation scientifique, pour les expositions…

Prochainement, nous vous présenterons les travaux actuels de Marie-Françoise, préparatrice en SDT et SDV, qui utilise différentes techniques de moulage.

Billet réalisé en collaboration avec l'équipe du laboratoire.

mercredi, juin 24 2009

L'art passe à table

C'était le thème du dernier atelier saison des Jardins du Muséum.

Mettre la nappe, ou pas. Installer des couverts, ou pas. Le repas revêt des allures de cérémonie. Elsa, médiatrice scientifique, remonte dans le temps pour expliquer l'origine des traditions de la table. Mais l'atelier va bien plus loin , il emmène le visiteur à mêler le plaisir des yeux au plaisir des papilles tout en laissant aux éléments naturels la place d'invités d'honneur.

"J'ai présenté quelques exemples de décorations en photo pour donner des idées, mais les visiteurs ont produit leur propre création. J'ai été très agréablement surprise par leurs réalisations. Un vrai plaisir des yeux." rapporte Elsa.

Voici quelques retours en image :


L'Art passe à table


Une magnifique table couverte de feuilles, de brindilles, de fruits frais ou séchés, de fleurs, d'épis... Tous ces éléments naturels étaient à disposition des visiteurs....


Fabrication d'un coeur végétal Arrangement végétal


Une visiteuse a choisi de réaliser un cœur décoratif avec une feuille de pangranus, de la lavande, des pigments, de l'anis étoilé et du romarin.


Impression sur tissu


D'autres visiteurs ont choisi de décorer une serviette par impression du tanin de feuille. Ici le choix s'est porté sur une feuille de tanaisie.


Décoration de table Décoration de table


Que diriez-vous d'être inviter à manger à cette table ?



LES ATELIERS DE SAISON

Cette année 2009, les ateliers saison sont autour de l'Alimentation et de l'Art.

Retrouvez le programme dans Préparer ma visite sur le site web. Le prochain atelier a lieu le 7 juillet, il s'intitule "les aromates : du jardin à l'assiette".

mercredi, mai 13 2009

Quand les musées explorent les territoires numériques

A partir de leur veille documentaire, les documentalistes du Muséum de Toulouse vous proposent aujourd'hui un nouveau regard sur l'actualité des musées :


Quand les musées se déploient en ligne et "hors les murs" La culture tisserait-elle sa toile sur internet ? Ariane Bavelier, Claire Bommelear et Léna Lutaud le pensent (Le Figaro du 3 avril 2009). Tous les acteurs de la vie culturelle souhaiteraient rester en phase avec le monde virtuel d’autant que « les internautes, énoncent-elles, sont en majorité des jeunes. Le bonheur avec lequel ils surfent pourrait faire de la toile une rivale de la télévision. Â»

Les collections du musée d'Orsay


Les musées cherchent à répondre à ces nouvelles pratiques. Longtemps considéré comme une simple "vitrine" supplémentaire, le WEB est désormais le terrain d'expérimentations de "muséographie en ligne". Les musées y inaugurent de nouvelles façon de présenter et de rendre disponible leurs collections : L'exposition Fancis Bacon à la Tate présente les oeuvre de l'artiste avec une carte d'idées à explorer ou bien, les collections du Musée d'Orsay à découvrir d'objet en objet avec des rebonds thématiques faciles et incitatifs, sont des exemples intéressants.


Les musées migrent également sur les réseaux sociaux tels que Facebook ou MySpace. Beaucoup y sont présents. Surtout dans les pays anglo-saxons. Certains s'essaient à instaurer de nouvelles formes de relations avec les publics et adoptent les modes d'échanges sur le mode de la "conversation", plus informels, plus réactifs, qui y prévalent.

Art Babble


D'autres, instaurent leurs propres plateformes d'échanges autours des Å“uvres et des thématiques des musées. Parmi les innovations récentes on retient en particulier : Creative Space présenté dans un billet de Buzzeum du 13 avril 2009 : cette plateforme publique permet à 9 des plus grands musées britanniques (The Brisish Museum, Natural History Museum, Tate...) d’ouvrir leurs collections en donnant la possibilité aux internautes d’être acteurs de leur parcours de visite : là ils peuvent explorer, commenter, annoter et échanger des avis sur les Å“uvres mises en ligne. Dès lors, à la manière des commissaires d'exposition, ils peuvent constituer leurs propres galeries. ArtBabble également présenté en français sur Buzzeum est une autre offre de plateforme. Une sorte de YouTube consacrée aux artistes et à la création. A l'intiative du Indianapolis Muséum of Arts cette plateforme est ouverte à la contribution d'autres musées.


Face aux plateformes très populaires telles que Facebook ou YouTube, l'enjeu pour ces nouveaux services web est de réussir à fédérer assez d'utilisateurs pour en faire des ressources riches et capables d'extraire la puissance du web l'"intelligence" collective de ses contributeurs.
Si les Musées migrent sur la toile, ils font également rentrer le web, l'interactivité dans les murs et au cœur des expositions.

Avec MuseTrek, les visiteurs du Louvre peuvent créer et d'échanger des parcours de visite. Dans une combinaison de textes et d'images ils partagent leurs regards inattendus, enthousiastes sur les Å“uvres diffusés sur le site dédié, accessible sur place avec un mobile. Découvrez ici cette innovation : http://www.musetrek.com/louvre


Museolab du Centre Erasme Précurseur dans le domaine du numérique et des nouvelles technologies, le Centre Erasme, financé par le Département du Rhône, propose, à travers son Museolab, un espace dédié aux expérimentations. Via l'utilisation d'objets "communiquants" (technologies RFID, réseaux...) il s'agit de personnaliser la visite en créant un espace immersif et interactif. De retour chez lui, le visiteur retrouve chez lui les contenus qui l’ont intéressé et accède, sur internet, à d’autres ressources. En outre, Erasme propose aussi des innovations dans les domaines de l'éducation (Cartable numérique ENT), d’autonomie des personnes âgées (à voir le Webnapperon !). Reportage de ces nouveautés dans le Journal du Net du 9 avril 2009.

D'autres lieux d'expérimentations existent : le Museum Lab du Louvre au Japon, L'IRI du Centre Pompidou...

Les musées sont en pleine mutation. Bousculés par les nouveaux usages du WEB, ils s'adaptent et adoptent de nouvelles formes de médiation entre les objets de collection qu'ils conservent et les publics qu'ils accueillent, en ligne et sur place.

photo museolab : dalbera

Veille documentaire : Elodie Guiraud. Rédaction : Laetitia Escande.

mercredi, janvier 21 2009

Retour d'expédition au pays des insectes

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Observer les papillons, la nuit, perché en haut d'arbres immenses, au milieu d'une forêt en Afrique, voici une des activités favorites de Philippe Annoyer. ..L'assistant de conservation en Entomologie du Muséum de Toulouse est, comme beaucoup ici, un passionné. D'insectes, bien entendu, mais d'Afrique aussi, où il a passé son enfance.






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Depuis 1985 il a conduit 6 expéditions dans la forêt du Bassin du Congo. Il y poursuit inlassablement son inventaire, et son observation, des insectes habitants de cette forêt, la plus vaste après celle d'Amazonie, et dont de vastes zones restent encore peu investies par l'Homme.

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La biodiversité y est unique, par le nombre d'espèces présentes, mais aussi parce que beaucoup n'existent nulle part ailleurs sur la planète. A chaque voyage, et à différentes saisons, il explore un nouveau périmètre d'une trentaine de kilomètres.

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Phillippe Annoyer a conduit sa dernière expédition en octobre 2008 avec un groupe de scientifiques membres des associations Insectes du Monde et de Toutlahaut (accompagnement scientifique en milieu vertical).

Ici l'équipe s'apprête à poursuivre l'expédition en pirogue sur le fleuve Sangha, avant de s'engouffrer dans la forêt.

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Repas de miel, de champignons, de graines, d'insectes, de gibier...L'équipe n'emporte que les aliments de base, riz, pâtes, sauces…et se nourrit de ce qu'elle trouve sur place.

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Des voyages qui exigent une logistique des plus complexes : plus d'une tonne de matériel, 11 personnes venues de France et 43 autres retrouvées sur place pour accompagner l'expédition : porteurs, infirmiers, élagueurs, accrobranchistes, cuisinier...

Album photo de l'expédition

Sur son album photos-souvenirs, Philippe nous raconte sa dernière expédition de 18 jours, en octobre 2008. Voir les photos ici (site web Flickr)

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