Muséum de Toulouse

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jeudi, février 10 2011

Expédition en République Centrafricaine : biodiversité en terre Pygmée (1/5)

"Ce que les gens ne ramassent jamais, moi je les ramasse" déclare en riant Philippe Annoyer de retour de l’expédition “SANGHA, biodiversité en terre Pygmée” en République Centrafricaine (lire billet du départ).

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Activité du soir, trier, mise en conservation... CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Au Muséum, le retour de nos collègues Philippe, Xavier et Bertrand était attendu. Nous les avons questionné encore et encore. Voici un retour privilégié de Philippe :

Quels étaient les objectifs de l’expédition ?

C’était de déterminer trois biotopes à étudier lors de l’expédition prochaine début 2012. L’objectif a été atteint : nous avions repéré 7 lacs sur carte, nous avons échantillonné chacun d’eux et nous avons arrêté nos choix sur 3 lacs pour leur richesse en faune et flore.

Expédition Sangha2010 : les 7 lacs
Vue satellite de la zone des 7 salines marécageuses. Copyright Spotimage.


Comment avez-vous procédé ?

A l’arrivée sur le premier lac, nous avons tout de suite compris que ce lac serait un de nos 3 retenus. Avec ses 1km de long sur 200m de large et ses 1m60 max de profondeur, il représente une niche riche en variété animale et végétale. Une équipe est restée sur place pour procéder à un échantillonage plus poussé. Tandis qu’une équipe 2, plus réduite est partie explorer les autres lacs plus éloignés.

Expédition Sangha2010 : lac 1
Biotope du lac 1. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.

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Biotope du lac (ou saline marécageuse) 7 caractérisé par de nombreux arbres dans l'eau. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Quels sont les prélèvements que vous avez effectués ?

Parmi les recherches entomologiques, certaines thématiques ont été beaucoup plus étudiées : les libellules (un spécimen de chaque espèce a été prélevé dans chacun des lacs pour comparaison), les papillons de jour (+ 170 espèces différentes déterminées à ce jour), les bousiers (bons bio-indicateurs des grands mammifères). D'autres domaines d'études ont été à l'honneur : arachnologie, botanique (pollens des fleurs de forêt , arbres), lichénologie et ornithologie.

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Expédition Sangha 2010 : chenille
De haut en bas, papillon (Lobobunaea acetes, Saturniidae), sauterelle non déterminée et une chenille non déterminée.
CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.



Xavier Bossier a procédé à l’étude des lichens et des mousses sur un seul arbre du lac 1 pendant les 20 jours : étude des différentes espèces, leur répartition, sur les contreforts, sur le fût, sur les charpentières... Des données fort intéressantes en résultent et donneront une première publications sur les mousses et lichens de RCA (sujet d'un prochain billet).

Expédition Sangha 2010 : vérification des sangles
Xavier Bossier (botanique : lichens et mousses) et Antonin Lafont (technicien cordiste). CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Un collègue Samuel Danflous s’est consacré aux arachnides. Plusieurs centaines de spécimens ont été trouvées. Là aussi, l’étude donnera lieu à une première publication pour la RCA.

Expédition Sangha 2010 : camp scientifique
Expédition Sangha 2010 : araignée
Expédition Sangha 2010 : araignée
De haut en bas : Samuel Danflous au travail sur le camp scientifique, araignée : Gasteracantha sp., araignée non déterminée. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Nicolas Moulin s’est penché sur les mantes. Une dizaine d’espèces nouvelles pour l'inventaire général ont été découvertes. Amenant le nombre d’espèces connu de 40 à 50 dans cette région de Centrafrique.

Expédition Sangha2010 : une mante fleur
Mante fleur Chlidonoptera vexillum mâle. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Nous avons posé différents pièges de jour et de nuit pour un relevé quotidien.

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De gauche à droite :
- piège à papillons classique (relevés plusieurs fois par jour)
- piège lumineux pour la nuit
- 2 pièges d'interception multidirectionnel (pimul)
- piège à papillons (lépidophil) (rigoles pour récupérer papillons en fin de vie - prélèvement tous les 3 jours)
CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


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Test de couleur d'assiettes pour piéger les insectes. La jaune, la plus efficace. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.

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Piège à coprophages (bousiers). Pour faciliter le travail, les selles sont mis dans un bas au-dessus du récipient. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Des pièges à émergence ont été mis en place sur des souches et des cavités, ils permettront de piéger les insectes arrivés au stade adulte. Le piège contient du glycérol pour une conservation longue durée, ce qui nous permettra de les relever dans un an.

Expédition Sangha 2010 : piège à émergence
Piège à émergenceCC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Nous avons aussi posé 25 enregistreurs autonomes à la cime des arbres ou dans l’eau pour mesurer l’hydrométrie, la température, le niveaux de l’eau, la luminosité... Là aussi, nous espérons récupérer les données lors de notre prochain passage dans un an.

Expédition Sangha 2010 : pose des enregistreurs
Cordage pour atteindre la cime des arbres. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Suite de l'interview dans le prochain billet.

Lire le billet de blog sur l'expédition 2008 ici.

jeudi, décembre 23 2010

Expéditions en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit (4/4)

Une calotte crânienne humaine vieille d’environ 22 000 ans a été découverte en 2006 sur le site de Salkhit au Nord-Est de la Mongolie (lire billets précédents). Nous savons maintenant que l’homme de Salkhit est un ancêtre d’Homo sapiens sapiens.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Une enquête auprès de la population nomade sur d’éventuels autres sites qui pourraient présenter des objets datant de la préhistoire a permis lors de la seconde expédition en 2010 de découvrir un nouveau site : Havtsgayd.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


L’équipe de l’expédition a découvert de nombreux outils en pierre taillée, caractéristiques du paléolithique et du néolithique.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
photo : flèche Jaspe

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
photo : Nucléus gris

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
photo : microNucélus

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
photo : microNucélus blanc


Ces outils mettent en évidence une technique utilisée par les hommes du Paléolithique supérieur : la technique du débitage par pression. Cette dernière permet d’obtenir des lames et des lamelles très régulières.

Des études comparatives avec des outils du nord de la Sibérie appuient l’hypothèse que des hommes de morphologies asiatiques auraient peuplé l’Amérique, en passant probablement par le détroit de Béring. L’homme de Salkhit pourrait bien être l’ancêtre du peuple d’Amérique mais aussi d’une bonne partie de la population actuelle.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article Préhistoire : Cro Magnon n'a jamais fait la révolution de Sylvestre Huet

mercredi, décembre 22 2010

Expéditions en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit (3/4)

Arrivés sur le site de Salkhit (lire les billets précédents 1 et 2 ), les membres de l'expédition ne peuvent pas s'installer librement sur le site de Salkhit. José Braga et Gunchin Gunchinsuren négocient avec le directeur de la mine, le droit d’étudier le terrain et s’assurent de leur protection. Cette dernière préoccupation n’est pas des moindre, la zone de nuit est occupée par des fouilleurs clandestins ou “ninja” particulièrement dangereux.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Le travail de terrain peut commencer :

Tamisage des couches

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Accessibilité d’une zone à étudier :

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Étude des strates :

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Mesures :

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Relevés dans un cahier d’étude :

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Deux semaines sur place ont permis d’identifier des strates, d'effectuer des prélèvement des sédiments desquels seront extraits des pollens, de prélever des ossements fossiles de rongeurs.

Voici une vidéo réalisée à l’occasion de la Novela 2010 sur cette expédition :


Toulouse buissonnière, sur les traces de l'homme en Mongolie
envoyé par mairieToulouse. - L'info video en direct.


La mission 2009 terminée, le matériel est déposé et confié au couple ci-dessous en vue d’une seconde expédition 2010. A lire sur le prochain billet de blog.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


lundi, décembre 20 2010

Expéditions en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit (2/4)

Une expédition (lire billet précédent) d'analyse de terrain nécessite du matériel : voici José Braga et Pierre-Henri Giscard occupés à parcourir le grand marché d’Ulan-Bator.


Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Les courses terminées, le camion est chargé.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Une longue route attend l’équipe.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
photo : Tous les lieux sont bons pour dormir.


Les aléas du voyage sont parfois bien heureux. Ce couple (et leur bébé) rencontré sur le chemin a su leur indiquer où trouver un puits !

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Les forces vives sont alors mises à contribution.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Et voici la mine d’or de Salkhit, exploitée officiellement de jour et clandestinement de nuit par des trafiquants.


Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit



A lire dans le prochain billet : le travail de recherche sur le terrain.

mercredi, décembre 15 2010

Expéditions en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit (1/4)

L'histoire commence en 2006 quand un morceau de crâne humain ancien est découvert par des prospecteurs d’or sur le site de Salkhit, dans le Nord-Est de la Mongolie. C'est un véritable trésor. Un trésor d'histoires de toutes sortes. Des petites histoires (comment a-t-il été découvert ? Comment est-il passé de main en main avant d'arriver à Toulouse ? décrites dans l’article du National Geographic de novembre 2010). Mais aussi et surtout une grande histoire, celle de l'humanité : il pourrait apporter des informations inédites sur l'évolution humaine et sur le peuplement de l'Amérique.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Une publication est parue Discovery of an archaic Homo sapiens skullcap in Northeast Mongolia signée par Yves Coppens, Damdinsuren Tseveendorj, Fabrice Demeter, Tsagaan Turbat and Pierre-Henri Giscard dans le Comptes Rendus Palevol Volume 7, Issue 1, February 2008, Pages 51-60 .


En 2009, Yves Coppens (spécialiste de l'évolution humaine) et José Braga (chercheur au Laboratoire d'Anthropologie de Toulouse) décident de lancer une première expédition sur le site de sa découverte. L'objectif est d'étudier les couches géologiques et de déterminer l’âge des strates où le crâne était enfoui.

Les analyses sur la calotte crânienne humaine :

Après une étude de terrain sur Salkhit, les membres de l’équipe de recherche, composée de José Braga, Fabrice Demeter (anthropologue au Laboratoire AMIS), Flavia Girard (postdoctorante) et Francis Duranthon (paléontologue et conservateur au Muséum de Toulouse), se rendent dans les locaux de l'académie des Sciences où ils retrouvent Pierre-Henri Giscard (archéologue de l’Institut des déserts basé à UB) et G. Gunchinsuren (de l’Académie des Sciences de UB).

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
photo de gauche à droite : F.Demeter, J. Braga, PH. Giscard


Francis Demeter procède à un prélèvement sur la calotte crânienne :

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Le prélèvement est divisé en trois échantillons : l’un pour la datation, un deuxième pour le contrôle de la datation et le troisième pour une analyse génétique.

Puis l’équipe se rend à l'hôpital coréen pour des analyses au scanner.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


L’objectif est d’avoir un rendu en 3D pour comparer la morphologie du crâne de l’homme de Salkhit avec celles d’autres crânes d’Homo sapiens, nos ancêtres de 50 000 à 100 000 ans mais aussi avec celles des Néanderthaliens qui peuplaient l’Europe il y a encore 50 000 ans.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Dans tous les cas, les analyses devraient donner des informations importantes. Si le crâne est similaire à un crâne de l’homme de Néanderthal cela signifie que ce sera le premier fossile de l’homme Néanderthal découvert dans cette région d’Asie. Si sa morphologie est proche de Homo sapiens, l’homme de Salkhit serait alors l’ancêtre des indiens d’Amérique et d’une partie des populations actuelles.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Un moulage est effectué, il sera utile pour garder une copie conforme de sa morphologie mais surtout pour étudier les micro-rayures. Ces dernières donneront des informations sur les dépôts, les transports de spécimens et donc le niveau de la strate où pouvait se trouver le fossile.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


L’expédition a été initiée sur le site de Salkhit avec des analyses de terrain, à lire dans le prochain billet (une astuce : abonnez-vous au flux des billets).

mercredi, novembre 3 2010

Expédition "Biodiversité" en République Centrafricaine

Trois personnes du Muséum, Philippe (assistant de conservation entomologie), Xavier (jardinier) et Bertrand(médiateur) sont sur le départ pour une expédition de 1 mois en République Centrafricaine dans le cadre de l'association SANGHA, biodiversité en terre pygmée.

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photo : quelques membres de l'équipe SANGHA

Une équipe pluridisciplinaire de 19 personnes partent préparer la mission de 2012 : découvrir de nouvelles espèces d'insectes dans une région de lacs mal connue. Philippe Annoyer avait, en 2008, découvert 13 nouvelles espèces dont 10 de fourmis, une de papillon diurne, une de bousier et une de mante.

Entretien avec eux quelques jours avant leur immersion en forêt tropicale.

Si Philippe, rôdé à ce type de séjour (lire le billet de blog sur sa dernière expédition), aborde cette «expé» avec la décontraction d’un maître zen qui part en cure thermale, une appréhension mêlée d’excitation est nettement plus palpable pour ses deux acolytes.

«Vivre un mois entier en pleine forêt tropicale, c’est une expérience inédite pour moi, souligne Bertrand Cosson. Il y a forcément de l’appréhension car on sait que le physique sera soumis à rude épreuve : trajets longs et difficiles (22h de véhicule tout terrain pour relier Bangui au fleuve !), et bien sûr un climat peu clément puisque nous arriverons en fin de saison des pluies» ajoute-t-il, ce que Philippe confirme : «Il faut s’attendre à une hygrométrie avoisinant les 75 % et des températures moyennes autour de 38°C pouvant même monter à 50°C en canopée.»

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photo : des passages difficiles. copyright Bayanga85

Quant à Xavier Bossier, il reconnaît volontiers n’avoir aucune expérience similaire à celle qu’il s’apprête à vivre : «J’arriverai là-bas comme une oie blanche ! Tout sera nouveau pour moi : les gens, la faune, la flore, le climat… C’est l’inconnu à tous les étages, forcément cela suscite un peu d’appréhension.»

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photo : marche d'approche. Copyright Bayanga85

Les deux aventuriers n’en présentent pas moins de solides atouts pour affronter la forêt tropicale. Bertrand Cosson est un baroudeur confirmé avec à son actif des séjours aux quatre coins du monde, notamment au Sénégal et en Guyane où il s’est frotté à des conditions difficiles. Xavier, mordu de montagne, est un familier des sorties d’alpinisme, il a aussi participé avec Philippe aux recherches en falaise sur le Mont Béat. Les techniques d’escalade lui sont donc familières. Et tous deux s’entraînent depuis des semaines du côté de Muret (31) aux déplacements dans les arbres avec des techniques et du matériel comparables à ceux utiliser par les élagueurs.

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photo : escalade. Copyright Bayanga85

Si leurs parcours sont différents, les motivations de Xavier et de Bertrand pour participer à l’expédition se rejoignent : vivre une expérience humaine intense et participer à un projet scientifique ambitieux et innovant. Xavier s’attend à un dépaysement profond et salutaire : «Ce doit être un sentiment unique d’être totalement coupé de nos sociétés de surconsommation pour s’immerger dans un univers beau¬coup plus minimaliste et proche de la nature.» Bertrand anticipe un gros travail de prospection sur place : «De nombreuses espèces restent à découvrir dans tous les champs de recherche. Et au-delà, c’est une aventure humaine incroyable que de partager sa vie pendant un mois en pleine forêt avec les Centrafricains et les pygmées.»

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photo : travail sur le terrain, les scientifiques de l'expédition 'Epiphyte 2008'. Copyright Bayanga85

Le mot de la fin est pour Philippe : «Cette expé sera exigeante physiquement. C’est une expérience extrême, on va chercher ses limites. Je me souviens qu’en 2008, nous avons mis 1 heure pour faire 400 m dans une forêt, c’est une vraie lutte ! Dans de telles conditions, l’imprévu peut toujours surgir. Il faut être prêt et réactif, constamment. Et par-dessus tout, savoir improviser et s’adapter. A tout problème, il y a une solution, même en pleine forêt tropicale !»

Philippe s’envole pour la République Centrafricaine le 3 novembre, Bertrand et Xavier le 9. Une fois arrivés à Bangui, deux jours de véhicule tout terrain et de pirogue les attendent pour rejoindre le premier lac qui ne sera accessible qu’après encore 4 jours et 17 km de marche dans la forêt. Bon voyage à eux !

Le Muséum est un des partenaires l'expédition parmi d'autres : l'association "Tout là haut", Konica Minolta, Géo 212, Air France, Hévéa, Petzl et Béal, la faculté des Sciences de Bangui, le CHU de Grenoble et de l'Université Lyon, Pro Sensor...

Pour en savoir plus sur  : www.sangha2012.com

Pour lire les billets sur les expéditions auxquelles le Muséum participe

Signé : Gérald, communication Muséum.

vendredi, octobre 8 2010

Préhistoire[s] : paroles de squelettes

Nous avons passé un certain temps enfouis dans les réserves du Muséum de Toulouse, mais ouf nous revoilà.

Sépulture dans les réserves

Photo : sépulture des deux squelettes humains (ici, un seul visible) dans les réserves du Muséum

Revoir le jour n'est pas désagréable me direz-vous ! Mais si vous saviez... mon ami squelette de tombe et moi-même avons été l'objet de multiples manipulations. Nous y reviendrons ultérieurement si vous le voulez bien.

Avant toute chose, nous aimerions partager avec vous l'univers dans lequel nous allons vous être exposés. Il y a quelques jours, les murs étaient entrain d'être installés et décorés.

Expo Préhistoire(s) : entrée

photo : entrée de l'exposition.

Coulisses expo Préhistoire(s) : travaux

photo : travaux et installation dans l'espace Investigation anthropologie de l'exposition "Préhistoire(s), l'enquête"

Là c'est une copie de l'un de nous deux :

Coulisses Expo Préhistoire(s), l'enquête

photo : montage d'un squelette en résine

Ici avec son (OU sa ! ) compagne en résine - à croire qu'ils surveillent les travaux !

Coulisses : expo Préhistoire(s), l'enquête

photo : squelettes en résine sur la table d'autopsie.

Nous, nous sommes bien installés dans notre vitrine...

Coulisses Expo Préhistoire(s), l'enquête

photo : sépulture à deux squelettes humains - à gauche France3-à droite Benoit, Muséum.

loin des yeux du rhinocéros laineux pour ne citer que lui !

Coulisses : expo Préhistoire(s), l'enquête

Aimeriez-vous en savoir plus sur l'exposition ?

Aïe, que va-t-il nous arriver ....

Signé : Paroles de squelettes

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