Quelle ne fut pas la surprise de découvrir des centaines d'ossements et quelques crânes non identifiés dans les réserves du Muséum d'Histoire Naturelle pendant le déménagement de 2000.
Les questions furent multiples : de qui sont-ils ? Qui est le donateur ? De quelle période ? Sont-ils des références pour la recherche ?
Photo : les restes anthropologiques ont été regroupés, nettoyés, ordonnés et numérotés en totalité. Muséum de Toulouse.
Retrouver l'histoire de la collection
La quasi totalité des registres d'entrée des collections au Muséum entre les deux guerres a malheureusement disparu. Il s'agit donc de retrouver l'histoire de cette collection par l'examen de la collection et des différents indices contenus sur les étiquettes associées aux ossements et en les confrontant aux données historiques ou archivistiques et aux éléments contenus dans une thèse de 1940 (A.El Sayed).
Photo : les étiquettes donnent des informations précieuses. Muséum de Toulouse.
Les ossements proviennent d'une sépulture localisée dans la grotte de treilles dans l'Aveyron. Ils ont été recueillis par Balsan en 1933 et datent de la période Chalcolithique (âge du Cuivre, 2600-1800 avant notre ère). Ces premières informations justifient l'importance de pousser les recherches.
Photo : les étiquettes donnent des informations précieuses. Muséum de Toulouse.
Un projet d'étude de 3 ans en cours de finalisation
Francis Duranthon, conservateur et paléontologue au Muséum a monté un projet collectif de recherche sur 3 ans en partenariat avec le laboratoire AMIS (anthropologie) FRE 2960 CNRS de Toulouse. L'objectif est de mener une étude anthropologique : recherche bibliographiques, étude ostéologique et paléopathologique, inventaire de la collection.
Photo : un projet collectif de recherche en partenariat. Muséum de Toulouse.
Les restes anthropologiques ont été regroupés, nettoyés, ordonnés et numérotés en totalité. On compte 7626 os et fragments. Leur étude approfondie est maintenant bien avancée. Le travail sur les archives a été mené. Une mission de terrain a permis de visiter la cavité. Les analyses C14 pour les datations ont été menées. Des analyses paléogénétiques (ADN) ont également été entreprises. L'étude paléontologique a été commencée. Les archives Balsan ont été numérisées par le Musée de Rodez. En parallèle, des ossements des fouilles de Balsan conservés au Musée de Fenaille à Rodez sont en cours d'inventaire.
Photo : Muséum de Toulouse.
Le travail est en cours de finalisation. D'ors et déjà , les hypothèses envisageables sont : le site de Treilles comportait environ 125 individus, une population plutôt jeune (peu de lésions osseuses : arthroses...), mais soumises à des activités physiques attendues à cette époque. Il est difficile d'en savoir plus. Il existe peu de données sur le site, il manque aussi la réunion des os d'un même sujet qui aurait permi l'étude par sujet et la différenciation homme/femme.
Etude de la faune et du mobilier
Un petit lot d'ossements animaux accompagne la collection des Treilles du Muséum avec une prédominance des Petits Ruminants, et chez ceux-ci la probable exclusivité des Ovins, des sujets plutôt jeunes.
Le mobilier découvert dans la grotte des Treilles compte environ 3445 objets, pour la majorité de la parure (perles), ce qui en fait une des collections les plus fournies pour le groupe des Treilles.
Photo : regroupés dans des boîtes. Muséum de Toulouse.
Cette collection est la référence de la population humaine de la période Chalcolithique. Le Muséum la présentera dans les années ultérieures au public. En attendant, n'hésitez pas à vos questions, nous y répondrons en collaboration avec Francis Duranthon.







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