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"Ma carrière s'est jouée un dimanche de l'automne 1934, à 9 heures du matin, sur un coup de téléphone" avait écrit dans Tristes Tropiques Claude Lévi-Strauss, philosophe, anthropologue et ethnologue réputé qui vient de disparaître le vendredi 30 octobre 2009, à presque 101 ans.
Ce "grand penseur du XXème siècle" pour reprendre le titre de la revue de presse que lui consacre Tsrinfo.ch, était un amoureux, passionné de la musique comme du structuralisme, qui a travaillé non seulement autour de l'organisation sociale et de la parenté, mais encore de la pensée sauvage, de l'univers des mythes et des finalités de l'anthropologie. Cultures France nous propose un dossier complet sur cet homme, savant polyphonique.
Comme le souligne Alice Serrano, chroniqueuse à France Info, Claude Lévi-Strauss se définissait avant tout par "Sa passion de l'humain". Il n'avait pas de goût pour parler de lui, se mettre en valeur, raconter ses nombreux voyages. Paradoxal, il dira même dans Tristes Tropiques, "Je hais les voyages et les explorateurs".
Nombreux ont été les témoignages et hommages rendus par des amis, académiciens, journalistes mais aussi par d'autres ethnologues et voyageurs tel Jean Malaurie dans Nouvelobs.com qui considère qu'il a "perdu un homme d'exception qui a illuminé sa vie" ou des proches telle Catherine Clément dont on retrouve l'interview dans le LePoint.fr et pour laquelle Claude Lévi-Strauss était "l'intelligence incarnée".
Ce penseur, "éclaireur de nos mythes" pour Isabelle Rüf, dans le Temps.ch, "a renouvelé l'étude des phénomènes sociaux et culturels" expliquera Roger Pol-Droit dans Le Monde du 3 novembre 2009.
Claude Lévi-Strauss affectionnait les objets souligne encore Emmanuel le Roux dans Le Monde du 5 novembre 2009. "Le culte des objets (dont je fus dès l'enfance un adepte), restaure dans la société moderne une façon d'animisme" et il demeurait convaincu qu' "Il serait illusoire de s'imaginer, comme tant d'ethnologues et d'historiens d'art le font encore aujourd'hui, qu'un masque et, de façon plus générale, une sculpture ou un tableau puissent être interprétés chacun pour son compte, par ce qu'ils représentent ou par l'usage esthétique ou rituel auquel on les destine (...). Comme un mythe, un masque nie autant qu'il affirme ; il n'est pas fait seulement de ce qu'il dit ou croit dire, mais de ce qu'il exclut. N'en est-il pas de même pour toute oeuvre d'art ? »
Retrouvons et parcourons la pensée, les masques, les symboles et l'héritage légués par Claude Lévi-Strauss en nous plongeant dans le dossier élaboré par la revue Sciences Humaines qui lui a consacré son numéro spécial de novembre/décembre 2008 intitulé "Comprendre Claude Lévi-Strauss".