Dans un billet précédent, nous avions parlé du dégagement de fossiles provenant du gisement de Montréal-du-Gers.

Qui exploite ce site ? De quand date-t-il? Qu'a-t-on découvert ? Qu'est-ce qui est exposé au Muséum ?

Localisation de Montréal-du-Gers sur une carte de France
Photo par Eric Gaba – Wikimedia Commons user: Sting

Depuis sa découverte en 1987, le gisement de Montréal-du-Gers est exploité par le Muséum de Toulouse qui organise l'étude scientifique, assure la protection, la gestion et la valorisation du site. Le sol est fouillé par des équipes professionnelles de la recherche et par des jeunes dans le cadre d'activités éducatives. Les couches de sédiments qui contiennent les fossiles sont porteuses d'informations précieuses pour dater les os trouvés : épaisseur, nature des terrains, disposition des os à l'intérieur des couches...

Vue aérienne de Montréal-du-Gers
Photo : vue aérienne du gisement de Montréal du Gers. Copyright.

Le gisement est particulièrement riche. Des milliers d'ossements et de dents sont récoltés. La faune comprend 90 espèces de vertébrés, allant de la taille d'une souris à celle d'un éléphant. L'ensemble constitue un instantané, une sorte de photographie de la vie animale dans cette région de la Gascogne, voici 17 millions d'années.

Retrouvez ici :

Ampelomeryx ginsburgi

Ampelomeryx ginsburgi

Photo : Ampelomeryx ginsburgi par Muséum de Toulouse.

Ampelomeryx ginsburgi, décrit pour la première fois à Montréal-du-Gers en 1995, est fréquemment appelé le cerf-girafe. Il est de taille d'un cerf actuel et appartient à la famille fossile des Paleomerycidés. La tête des mâles porte deux ossicônes, os d'origine dermique qui se soudent tardivement au frontal, en position latérale au dessus des orbites. A l'arrière du crâne, une grande corne bifide est également l'apanage des mâles. L'épaississement des os du crâne au dessus des orbites montre qu'ils se livraient certainement à des combats rituels tête contre tête pour séduire les femelles à la saison du rut. La reconstitution est exposée au Musée de Montréal-du-Gers.

Prodeinotherium bavaricum

Mâchoire de Prodeinotherium bavaricum Défense de Prodeinotherium bavaricum

Photos : Mâchoire et défense de Prodeinotherium bavaricum par Muséum de Toulouse.

A Montréal-du-Gers, les restes d'une dizaine d'individus Prodeinotherium bavaricum ont été récoltés (dont les deux en photos ici, exposés au Muséum). Ce sont les plus anciens d'Europe occidentale. cet animal ressemble par sa taille (2,30 mètres au garrot) et son allure générale aux éléphants. Dépourvu de défenses supérieures, il était muni d'une paire de défenses recourbées vers le bas à la mâchoires inférieure. Animal mangeur de feuilles, il vivait dans les forêts humides, à proximité des plans d'eau.

Un marécage

L'examen de la nature des couches, de leur composition minéralogique, de l'orientation des éléments qui la composent, permet aux spécialistes de reconstituer l'histoire d'un lieu. Il y a 17 millions d'années, le site du gisement de Montréal-du-Gers devait être un marécage.

Au muséum :

Vitrine Montréal-du-Gers - Muséum de Toulouse

Photo : vitrine du kiosque Montréal-du-Gers dans l'espace Continuum et ruptures de l'exposition permanente, Muséum de Toulouse.

Dans l'exposition permanente, un espace est consacré au gisement de Montréal-du-Gers. En avant plan, la présentation de quelques spécimens sur une vitre, puis à l'arrière, vous apercevez la reconstitution d'une fouille. Une vidéo tourne en continue pour présenter les activités des équipes sur place.