Expédition Makay Nature - Retour de Francis 1/2
Maud, médiatrice scientifique | vendredi 12 février 2010 | regards
"Quelle expédition ! Il y avait des jours de 8 heures de marche dans de dures conditions pour 2 heures seulement de travail sur place...mais l'équipe scientifique est rentrée satisfaite, chacun dans sa discipline a réussi à ramener des indices, des pistes de recherche..." Ce sont sur ces mots que Francis, de retour de l'expédition Makay Nature, m'a accueilli dans son bureau, avec des centaines de photos à partager...
Photo de gauche : 40 degrés en journée, recherche des passages pour éviter les pentes abruptes et de monter/descendre, mais aussi pour échapper aux crocodiles dans la rivière. Photo de droite : traces de crocodiles. Francis Duranthon, Muséum de Toulouse.
Photo : Entraide dans une rivière en crue. Francis Duranthon, Muséum de Toulouse.
Francis m'amène en images dans le Makay puis vers la région explorée pour enfin arriver à la première cavité étudiée avec son confrère Erik Gontier du Muséum national d'histoire naturelle.
Photo du haut : environnement autour de la cavité. Entrée de la cavité entouré en rouge. Photo du bas : entrée de la cavité. Francis Duranthon, Muséum de Toulouse
Je découvre avec merveilles des dizaines de peintures réalisées à partir de pigments rouge (hématite), blanc (calcaire) et noire. J'entrevois des zébus à corne bifide (étonnant!), un serpent, des personnages dont l'un porte un plateau sur sa tête, des formes géométriques... "le bétail a été introduit au 12ème siècle à Madagascar, la représentation du zébu permet donc de penser que ces peintures et gravures sont post 12ème" m'explique Francis. Ce sont les premières peintures rupestres officiellement reconnues à Madagascar.

Photo : l'hématite,présente dans le massif du Makay, a servi de pigment rouge pour les peintures rupestres. mm-j.
Sur une photo, Francis pointent des peintures qui s'entremêlent, sur une autre, il me montre un raccord peintural réalisé après effritement de la paroi. Un ensemble d'indices qui laissent donc à penser que la cavité témoigne de plusieurs générations de peintures et donc de périodes successives.
J'ai bien essayé d'asticoter Francis pour publier une des photos prises dans une des deux cavités qu'il a pu atteindre (il resterait une cavité connue à ce jour à visiter). Mais non rien à faire, nous devrons attendre la publication scientifique officielle dans quelques mois.
Francis et Erik ont donc rempli leur mission qui était d'évaluer le potentiel des cavités repérées. Ils alarment sur l'urgence à monter un programme de conservation et de recherche : les plafonds s'effondrent, les parois s'effritent. C'est au tour des spécialistes de l'art pariétal de poursuivre les recherches.
Photo : campement. Francis Duranthon, Muséum de Toulouse
Mais Francis avait d'autres missions...
... comme celles d'effectuer à la demande du laboratoire d'anthropologie de Toulouse, des prélèvements buccaux sur des hommes non apparentés. Chose faîte. "J'allais voir le chef du village et après de longues palabres pour expliquer mes intentions, j'ai réussi à effectuer une vingtaine de prélèvements dans deux villages" m'expliquent Francis. Ces précieux prélèvements seront étudiés dans le cadre d'une thèse sur la peuplement de Madagascar par l'étude génétique.
... ou comme celles de repérer des sépultures, témoignages de pratiques funéraires différentes. Nous en parlerons dans le prochain billet dédié à l'expédition.
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Sur le blog du Muséum, vous pouvez retrouver tous les billets sur l'expédition avec le tag Makay Nature.
Vous pouvez aussi retrouver des nouvelles de l'ensemble des membres de l'expédition sur le site de Makay Nature http://www.makaynature.org/ . Quelques explorateurs de l'équipe sont déjà repartis pour effectuer les premiers repérages sur le nord du massif.
Photo : équipe de l'expédition Makay Nature 2010. Francis Duranthon, ©Muséum de Toulouse


Vos Commentaires
Très beau reportage, voilà qui donne envie de partir à l'aventure aussi! Merci pour ce récit, et au prochain billet!