L'histoire commence en 2006 quand un morceau de crâne humain ancien est découvert par des prospecteurs d’or sur le site de Salkhit, dans le Nord-Est de la Mongolie. C'est un véritable trésor. Un trésor d'histoires de toutes sortes. Des petites histoires (comment a-t-il été découvert ? Comment est-il passé de main en main avant d'arriver à Toulouse ? décrites dans l’article du National Geographic de novembre 2010). Mais aussi et surtout une grande histoire, celle de l'humanité : il pourrait apporter des informations inédites sur l'évolution humaine et sur le peuplement de l'Amérique.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Une publication est parue Discovery of an archaic Homo sapiens skullcap in Northeast Mongolia signée par Yves Coppens, Damdinsuren Tseveendorj, Fabrice Demeter, Tsagaan Turbat and Pierre-Henri Giscard dans le Comptes Rendus Palevol Volume 7, Issue 1, February 2008, Pages 51-60 .


En 2009, Yves Coppens (spécialiste de l'évolution humaine) et José Braga (chercheur au Laboratoire d'Anthropologie de Toulouse) décident de lancer une première expédition sur le site de sa découverte. L'objectif est d'étudier les couches géologiques et de déterminer l’âge des strates où le crâne était enfoui.

Les analyses sur la calotte crânienne humaine :

Après une étude de terrain sur Salkhit, les membres de l’équipe de recherche, composée de José Braga, Fabrice Demeter (anthropologue au Laboratoire AMIS), Flavia Girard (postdoctorante) et Francis Duranthon (paléontologue et conservateur au Muséum de Toulouse), se rendent dans les locaux de l'académie des Sciences où ils retrouvent Pierre-Henri Giscard (archéologue de l’Institut des déserts basé à UB) et G. Gunchinsuren (de l’Académie des Sciences de UB).

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
photo de gauche à droite : F.Demeter, J. Braga, PH. Giscard


Francis Demeter procède à un prélèvement sur la calotte crânienne :

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
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Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


Le prélèvement est divisé en trois échantillons : l’un pour la datation, un deuxième pour le contrôle de la datation et le troisième pour une analyse génétique.

Puis l’équipe se rend à l'hôpital coréen pour des analyses au scanner.

Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit
Expédition en Mongolie : sur les traces de l'homme de Salkhit


L’objectif est d’avoir un rendu en 3D pour comparer la morphologie du crâne de l’homme de Salkhit avec celles d’autres crânes d’Homo sapiens, nos ancêtres de 50 000 à 100 000 ans mais aussi avec celles des Néanderthaliens qui peuplaient l’Europe il y a encore 50 000 ans.

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Dans tous les cas, les analyses devraient donner des informations importantes. Si le crâne est similaire à un crâne de l’homme de Néanderthal cela signifie que ce sera le premier fossile de l’homme Néanderthal découvert dans cette région d’Asie. Si sa morphologie est proche de Homo sapiens, l’homme de Salkhit serait alors l’ancêtre des indiens d’Amérique et d’une partie des populations actuelles.

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Un moulage est effectué, il sera utile pour garder une copie conforme de sa morphologie mais surtout pour étudier les micro-rayures. Ces dernières donneront des informations sur les dépôts, les transports de spécimens et donc le niveau de la strate où pouvait se trouver le fossile.

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L’expédition a été initiée sur le site de Salkhit avec des analyses de terrain, à lire dans le prochain billet (une astuce : abonnez-vous au flux des billets).