Replongeons dans l'atmosphère "Sangha, biodiversité en Terre Pygmée"

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Prospection entomologique du lac 3 (ou saline marécageuse)CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


et poursuivons maintenant l'interview de Philippe (débutée dans le billet précédent).

Comment avez-vous procédé pour conserver les spécimens?
Certains spécimens ont été mis en alcool, d’autres sont conservés en papillotes. Une troisième méthode consiste à poser les spécimens sur une couche de coton dans une pochette zip avec un peu d’alcool.

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En quelques minutes, le tee-shirt humide de transpiration s'est vu recouvert de papillons Lybithea labdaca. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.

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Les papillons sont mis dans des petites pochettes papiers individuelles. Un carnet de prélèvements gardera les références de la pochette et autres informations de type : lieu, date, heure, conditions de prélèvement. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.

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Les papillotes, les fruits, les graines sont mis sur séchoir (feu en dessous de la table). La fumée éloigne les insectes pondeurs, et le feu assèche le spécimen CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Vous avez prélevé plus d’une dizaine de milliers de spécimens, le travail d’une vie ne suffira pas pour les étudier tous. Par où penses-tu commencer ? Est ce qu’il y a un spécimen qui a particulièrement retenu ton attention ?

Mon premier travail sera de les trier par ordre d’insectes. C’est à ce moment là que je déciderai par où commencer. Actuellement, depuis notre retour, la liste des papillons de jour comprend 170 espèces différentes. Mais les travaux sont encore en cours...

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Papillon Eudaemonia troglophylla, Saturniidae. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.

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Papillon Papilio lormieri, Papilionidae. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Tu dénonces haut et fort le “biopiratage” de certaines expéditions donc quelle a été votre position vis vis du pays et de ses habitants ?

Nous avons pris soin d’être le plus transparent possible. Nous avons communiqué sur nos intentions : pourquoi nous sommes là, qu’est ce que nous recherchons, comment nous voulons partager nos connaissances. Et bien entendu, nous avons pris soin de demander toutes les autorisations nécessaires (auprès du Ministère de l’environnement et de la recherche, de la faculté des sciences de Bangui, du Directeur général WWF, gestionnaire du parc national Lobéké).

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Reconnaissance du positionnement de l'équipe sur une carte. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Nous avons fait le choix de former des locaux pour un partage de connaissance et aussi une sensibilisation à leur environnement.

Deux personnes ont été formées puis affectées au tri entomologique,
Deux autres, aux piégeages des bousiers et à leur conservation
Deux autres aux papillons de jour (piège, appât; filet à papillon),
Deux autres, devaient récolter des fleurs en forêt et isoler les pollens.
Deux autres, ont inventorié les arbres dominants autour du lac 1 (mesure de la hauteur des contreforts, de la circonférence juste à la base du fût, prise des coordonnées GPS, et reconnaissance de l'essence de l’arbre).

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Tri et conservation des coléoptères coprophages. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.

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Récolte d'éléments constituant une termitière. CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Nous avons monté un camp en respectant au maximun les lieux. Nous avons établi des mini-camps dispersés pour ne pas déboiser une grande zone. Un mini camp cuisine, un autre conservation, un autre toilette....

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Prise de vue du camp de vie quotidienne, du haut d'un azobé (40m du sol). CC BY-SA Philippe Annoyer, Sangha2010.


Suite de l'interview dans le prochain billet.