Jeudi 29 septembre avait lieu une rencontre-atelier à la Bibliothèque du Muséum de Toulouse. Voici un petit retour rapide en images pour commencer ce billet et ensuite quelques mots sur le sujet des relations entre les musées et wikipédia, à lire plus bas si le sujet vous intéresse...

Rencontre-atelier Wikipedia au museum


Nous étions 13 participants accompagnés par deux contributeurs aguerris de l'encyclopédie en ligne et membres très actifs de Wikimedia France : Pierre-Selim Huard et Caroline Becker. Un grand merci à eux deux ! (et aussi à Adrienne Alix, directrice des programmes, pour son aide)
Les participants sont venus de divers horizons, avec la moitié des personnes étant du muséum (conservation, photothèque, conférences, expositions) et l'autre moitié venu de d'autres institutions (centres de recherche, bibliothèques, université...) ou à titre personnel.

Rencontre-atelier Wikipedia au museum


Après avoir présenté l'esprit et le fonctionnement de wikipédia, de sa communauté de contributeurs, nous avons abordé ses relations avec les institutions culturelles (voir plus bas). Nous avons enchainé par des exercices pratiques. Objectifs : savoir modifier un article, insérer un lien, une image, une référence...connaitre les bases pour se lancer par soi-même et contribuer selon ses centres d'intérêts une fois de retour chez soi.

Rencontre-atelier Wikipedia au museum


Évidement la page wikipédia sur le Muséum était toute indiquée. Le lendemain elle était même entièrement traduite en Catalan un Alex (alias Kippelboy) wikipédien de Barcelone ! Wikipédia c'est ça !

Rencontre-atelier Wikipedia au museum


Quelques retours des participants à l'atelier :

Ca m'a permis de me "lancer" et de modifier (enfin presque!) un article qui me tenait à coeur sur les orchidées de Balma. Les discussions avec des "pros" et expérimentés facilitent l'appropriation du système. J'aimerais comprendre ce que j'ai mal fait dans ma modif - Jean-François R. du réseau Tela Botanica

J'avais fait un essai malheureux cet été (article supprimé par un administrateur de wikipédia) et je voulais poursuivre l'expérience. Maintenant j'irai plus vite et je suis bien contente d'avoir pu récupérer mon travail grâce à Caroline - Anne M.
On peut faire beaucoup avec peu de moyens et l'enthousiasme des wikipédiens me plait - Didier D.

Wikipédia et les institutions culturelles

Les wikipédiens ont un petit nom pour les institutions culturelles : ils les appellent les "GLAMs" pour Galeries, Librairies, Archives et Musées :).

Les Glams et wikipédia ont une ambition commune : partager les richesses du patrimoine et les savoirs avec le plus grand nombre.

Les musées ont tout intérêt à proposer leurs contenus web sur wikipédia. Ne serait-ce que pour des raisons très pragmatiques de visibilité. Lorsque un internaute cherche une information sur des thématiques liées aux musées, ce sont les pages wikipédia qui remontent en premier. Les internautes se rendent volontairement sur les sites des musées pour préparer leurs visite et y trouver des renseignements pratiques d'horaires ou de tarifs, très rarement pour y trouver de l'information sur des thématiques scientifiques. Les scientifiques ont eux, leurs propres réseaux d'échanges et d'informations spécialisées.

Autre avantage : les contenus de l'encyclopédie sont souvent traduits en plusieurs langues (on en a eu la preuve !). Egalement parce que les données sont indexées selon un des standards (du web sémantique), ce qui facilitent leur utilisation par d'autres services et applications tiers.

Mais étonnamment, alors que Wikipédia vient de fêter ses 10 ans d'existence, les musées et autres Glams restent assez hermétiques aux opportunités de l'encyclopédie. Souvent, les institutions sont méfiantes...pas vraiment aidées par les médias qui ont longtemps mis l'accent sur les "erreurs" de l'encyclopédie en ligne.

Une autre explication, vient des logiques différentes de fonctionnement et de validation des savoirs propres à chacun :

Wikipédia est ouverte à tous, sans barrière à priori, et fonctionne sur le mode du "publier puis filtrer" propre aux usages du monde du "libre" (dans le sens des contenus dits "libres") . C'est la modération, sans cesse renégociée par consensus, par la communauté des utilisateurs qui va petit à petit faire mûrir les contributions de chacun. La diffusion est facilitée au maximum par une licence qui libère les contenus des restrictions classiques du coyright et des démarches qui s'imposent par défaut. Wikipédia reste l'exemple le plus abouti de la collaboration en ligne ouverte et décentralisée.

Les institutions, de leur côté, fonctionnent sur un modèle inverse. C'est l'expert, le conservateur en l'occurrence, reconnu comme tel par les instances officielles, qui a autorité à diffuser ses savoirs. La publication fait suite à une série d'étapes de contrôles jusqu'au bout d'une chaîne linéaire au bout de laquelle le lecteur-visiteur n'est pas autorisé à rediffuser ou modifier les contenus sans autorisation explicite.

Mais les frictions disparaissent quand on réalise que l'expertise de l'un n'est pas remise en question dans le fonctionnement ouvert de l'autre. Au contraire, ces savoirs sont sollicités et améliorent la qualité des articles en les faisant dialoguer. Un grand nombre de contributeurs wikipédiens sont des scientifiques de haut niveau. L'intérêt de wikipédia réside dans cette articulation entre plusieurs types et niveaux de savoirs.

Se rencontrer

Les rencontres et projets de collaborations entre les professionnels des musées et la communauté des wikipédiens sont une des solutions pour avancer. Les initiatives dans ce sens, soutenues par les associations de wikipédiens dans le monde, se sont multipliées ces dernières années.

Liam Wyatt, fut le tout premier wikipédien en résidence dans un musée, le British Museum. Benoît Evellin, lui, s'est installé dans le Chateau de Versailles pour quelques semaines

La ville de Toulouse a signé un partenariat avec Wikimedia France pour que ses services facilitent ou contribuent sur la plateforme collaborative. Dans ce cadre, le muséum de Toulouse met à disposition une partie de ses collections des réserves qu'un petit groupe de wikipédien prend en photo pour les dévoiler aux internautes dans cette très belle galerie de photos

Et puis il y a les ateliers de formation et d'écritures comme celui-ci au muséum ou bien (au Centre Pompidou ou à la Fondation Juan Miro à Barcelone)

Les musées comme plateformes d'échanges, en ligne et sur place, sont des lieux privilégiés pour ce type de rencontres autour des savoirs et du patrimoine partagés.