Par Maud, médiatrice scientifique le lundi, décembre 14 2009, 11:28 - en coulisse
Que se passe-t-il dans le laboratoire des préparations du Muséum? (suite)
Le Muséum débute la réalisation d'une collection d'étude de champignons. Or, conserver des champignons dans leurs états originels est une mission impossible... la seule solution pour un Muséum est de réaliser des reproductions à partir de spécimens vivants. Ces copies conformes pourront ainsi servir de référence pour les recherches, ou seront destinés à être des objets d'exposition ou d'animation.
C'est ainsi que Marie-Françoise (préparatrice en Sciences de la Terre et Science de la Vie) et Boris (assistant de conservation en botanique) sont partis réaliser des moulages et des photographies de champignons sur le terrain, en Ariège.
Seul les champignons les plus fragiles seront concernés par un travail sur le terrain. Pour les autres, ils seront acheminés jusqu’au laboratoire afin de pouvoir appliquer les techniques de moulage dans les meilleurs conditions.
Moulages
Les moulages réalisés seront utilisés pour fabriquer des tirages (copies fidèles) c'est à dire des objets de reproduction manipulables. Elles doivent prendre en compte les contraintes imposées par un travail effectué en extérieur. Marie-Françoise choisit un matériau de prise rapide et en coulé pour qu'il épouse la forme du champignon étudié : soit du silicone pour les champignons à lamelles, soit de l'alginate pour les autres champignons.
Exemple d'une prise d'empreinte par alginate :'
Ici une photographie prise au laboratoire par Brian (taxidermiste) pour aider à une reproduction la plus fidèle possible. Fistuline sur bouleau.
Pour réaliser une empreinte, Marie-Françoise délimite la zone à couler autour du champignon concerné en posant un rond de bouteille. Puis elle coule de l'alginate. La prise se fait en une quinzaine de minutes. Une fois l'alginate solidifié, l'ensemble moule + champignon est prélevé et le champignon est retiré du moule. Le moulage par alginate ne permet de faire que deux tirages : l'un pour une utilisation directe par l'animation, l'autre pour la réalisation d’un moule plus stable facilitant la duplication du spécimen.
Tirages (ou reproductions)
Exemple des champignons à lamelles.
Marie-Françoise choisit la résine adaptée à l'usage ultérieur du tirage :
Après une prise d'empreinte au silicone, ces champignons à lamelles ont été reproduits en deux exemplaires. Marie-Françoise a choisi de réaliser les deux tirages avec des résines différentes. Une en élastomère (relativement souple, à gauche) pour une utilisation pédagogique, l’autre en époxy (rigide mais cassante - à droite) beaucoup plus stable dans le temps et que l’on va privilégier pour la constitution de collections de référence.
Travaux de finitions : les peintures et patines
Exemple pris sur un autre travail en cours de Marie-Françoise : la finition d'une libellule fossilisée datant d’environ 300 millions d’années.
Dans le cadre du nouveau laboratoire d'expérimentation qui ouvrira ses portes au public en janvier 2009 (nous en parlerons dans un prochain billet), Marie-Françoise doit réaliser plusieurs exemplaires du tirage d'une "libellule fossilisée". Ces derniers seront manipulés par les médiateurs et par les publics, d'où l'importance des finitions.
Un pigment naturel est appliqué directement sur le moule de cette libellule fossilisée de manière à être inclus dans la résine ou dans le plâtre qui va être coulé.
Un travail à l’aérographe avec des peintures acryliques vient parfaire le résultat (contrastes, nuances fines…).
Marie-François participe aussi à des recherches sur de nouvelles techniques, nous reviendrons sur ce sujet dans quelques mois.
A lire ou à relire :
les travaux de moulage d'un type par Marie-Françoise
les travaux de dégagement de fossiles par Yves
la visite en images du laboratoire lors des Journées du patrimoine 2008
Billet réalisé en collaboration avec l'équipe du laboratoire : Brian, Marie-Françoise.