Muséum de Toulouse

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mercredi, janvier 18 2012

Quand le CNRS et le Muséum se retrouvent pour l’actualité scientifique

Depuis quelques mois, Dominique Morello, Directrice de Recherche au CNRS, a rejoint le Muséum pour trois ans. Dimanche dernier, elle a organisé une toute nouvelle rencontre public-chercheurs, nommée Kiosque. Une belle surprise pour le public qui a eu l’occasion d’échanger avec de jeunes chercheurs et d’observer du matériel biologique vivant. Dominique a répondu à quelques unes de mes questions :

Dominique, quelle a été ta motivation pour venir travailler avec le public du Muséum ?

Copie écran présentant Dominique Morello - Kiosque Janvier 2012
Copie écran du JT du 9 janvier 21012

Quand on est chercheur, on devient très spécialisé, on traite de sujets très pointus. Et on a l’impression de dépenser beaucoup d’énergie pour un public plutôt restreint. Venir au Muséum, c’est rencontrer un vaste public dans un cadre ouvert et agréable et lui offrir des bases de connaissances et de réflexions sur la recherche et son utilité.

Kiosque est ta toute première manifestation au Muséum. Etant donné son succès, elle sera reproduite. Comment l’as-tu pensée ?

Kiosque Immunité et santé

Le but était de développer auprès du grand public un point d’actualité scientifique en faisant participer de jeunes doctorants, des enseignants et des chercheurs confirmés. Il fallait trouver un point d’accroche pour faire connaître de manière simple mais scientifiquement correcte ce qui se passe dans les labos et offrir au public un moment d’échanges avec les acteurs de la recherche. Pour répondre à ces objectifs, le Kiosque contient deux facettes : la lecture commentée d’affiches concernant un point d’actualité et une animation en rapport avec l’actualité développée.

Pourrais-tu me dire une phrase sur ces moments forts pris en photo :

Quand le CNRS et le Muséum se retrouvent pour l’actualité scientifique

Tout au long de la journée, nous avons échangé avec les visiteurs sur les travaux résumés dans des affiches et qui ce jour concernaient l’immunité. Nous les avons aussi invités à aller observer et manipuler à l’étage la drosophile. Cette mouche minuscule est le modèle d’étude du français Jules Hoffmann récemment récompensé par la médaille d’or du CNRS et le prix Nobel de Médecine pour ses travaux sur l’immunité. J'invite les internautes à aller consulter ces affiches Immunité & Santé en ligne ici.

Quand le CNRS et le Muséum se retrouvent pour l’actualité scientifique
Quand le CNRS et le Muséum se retrouvent pour l’actualité scientifique

Trois loupes binoculaires étaient à la disposition des petits et des grands pour observer des drosophiles mutantes (ailes recourbées, yeux blancs, yeux verts) ou non.

Quand le CNRS et le Muséum se retrouvent pour l’actualité scientifique

En parallèle, un atelier dessin/gommettes était réalisé. Après leurs observations sous la loupe, les enfants venaient compléter un corps de drosophile pré-dessiné en y ajoutant des pattes et collant des gommettes de la bonne couleur pour figurer les yeux.

Les plus joueurs ont répondu à un quizz et sont repartis avec un tube à essai contenant de futures drosophiles à observer au jour le jour à la maison.


TLT - Le JT du 09/01/2012 par teletoulouse-wizdeo


MD Dominique, Quels sont les perspectives 2012 ?

Un mois sur deux, proposer un nouveau Kiosque avec ses animations sur une nouvelle actualité scientifique. Par exemple, en mars, nous parlerons des bactéries (en écho à la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose) et en mai de l'Eau (en écho au Forum mondiale de l'Eau et à la thématique phare 2012 du Muséum).

mardi, mai 4 2010

Qu'a-t-on découvert à Montréal-du-Gers ?

Dans un billet précédent, nous avions parlé du dégagement de fossiles provenant du gisement de Montréal-du-Gers.

Qui exploite ce site ? De quand date-t-il? Qu'a-t-on découvert ? Qu'est-ce qui est exposé au Muséum ?

Localisation de Montréal-du-Gers sur une carte de France
Photo par Eric Gaba – Wikimedia Commons user: Sting

Depuis sa découverte en 1987, le gisement de Montréal-du-Gers est exploité par le Muséum de Toulouse qui organise l'étude scientifique, assure la protection, la gestion et la valorisation du site. Le sol est fouillé par des équipes professionnelles de la recherche et par des jeunes dans le cadre d'activités éducatives. Les couches de sédiments qui contiennent les fossiles sont porteuses d'informations précieuses pour dater les os trouvés : épaisseur, nature des terrains, disposition des os à l'intérieur des couches...

Vue aérienne de Montréal-du-Gers
Photo : vue aérienne du gisement de Montréal du Gers. Copyright.

Le gisement est particulièrement riche. Des milliers d'ossements et de dents sont récoltés. La faune comprend 90 espèces de vertébrés, allant de la taille d'une souris à celle d'un éléphant. L'ensemble constitue un instantané, une sorte de photographie de la vie animale dans cette région de la Gascogne, voici 17 millions d'années.

Retrouvez ici :

Ampelomeryx ginsburgi

Ampelomeryx ginsburgi

Photo : Ampelomeryx ginsburgi par Muséum de Toulouse.

Ampelomeryx ginsburgi, décrit pour la première fois à Montréal-du-Gers en 1995, est fréquemment appelé le cerf-girafe. Il est de taille d'un cerf actuel et appartient à la famille fossile des Paleomerycidés. La tête des mâles porte deux ossicônes, os d'origine dermique qui se soudent tardivement au frontal, en position latérale au dessus des orbites. A l'arrière du crâne, une grande corne bifide est également l'apanage des mâles. L'épaississement des os du crâne au dessus des orbites montre qu'ils se livraient certainement à des combats rituels tête contre tête pour séduire les femelles à la saison du rut. La reconstitution est exposée au Musée de Montréal-du-Gers.

Prodeinotherium bavaricum

Mâchoire de Prodeinotherium bavaricum Défense de Prodeinotherium bavaricum

Photos : Mâchoire et défense de Prodeinotherium bavaricum par Muséum de Toulouse.

A Montréal-du-Gers, les restes d'une dizaine d'individus Prodeinotherium bavaricum ont été récoltés (dont les deux en photos ici, exposés au Muséum). Ce sont les plus anciens d'Europe occidentale. cet animal ressemble par sa taille (2,30 mètres au garrot) et son allure générale aux éléphants. Dépourvu de défenses supérieures, il était muni d'une paire de défenses recourbées vers le bas à la mâchoires inférieure. Animal mangeur de feuilles, il vivait dans les forêts humides, à proximité des plans d'eau.

Un marécage

L'examen de la nature des couches, de leur composition minéralogique, de l'orientation des éléments qui la composent, permet aux spécialistes de reconstituer l'histoire d'un lieu. Il y a 17 millions d'années, le site du gisement de Montréal-du-Gers devait être un marécage.

Au muséum :

Vitrine Montréal-du-Gers - Muséum de Toulouse

Photo : vitrine du kiosque Montréal-du-Gers dans l'espace Continuum et ruptures de l'exposition permanente, Muséum de Toulouse.

Dans l'exposition permanente, un espace est consacré au gisement de Montréal-du-Gers. En avant plan, la présentation de quelques spécimens sur une vitre, puis à l'arrière, vous apercevez la reconstitution d'une fouille. Une vidéo tourne en continue pour présenter les activités des équipes sur place.